Un bel exemple de dévotion eucharistique

Voici un trait rapporté par une religieuse œuvrant dans une mission du grand nord canadien au début du XXe siècle à propos d’une petite fille nommée Christine de la tribu des Cris. Une maladie l’emporta quelques temps après avoir fait sa première communion.

athabasca« Le couvent du lac Athabaska admire en ce moment la grâce de Dieu, portant vers l’Eucharistie une petite sauvagesse de la tribu des Cris. Elle fit sa première communion le 8 décembre 1915, à l’âge de deux ans et onze mois. On aurait pu l’admettre six mois plus tôt, car non seulement elle distinguait déjà le pain eucharistique du pain ordinaire, ce qui est la condition requise, mais elle possédait si bien les vérités essentielles du catéchisme, qu’ayant eu l’occasion de la questionner, il nous fut impossible de surprendre dans ses réponses une seule contradiction. Elle eut ses deux ans tout juste, au deuxième Noël de sa vie. On lui expliqua ce qu’étaient la crèche, les bergers, les mages; pourquoi les lumières, les décorations, autour du divin Enfant. Que faisait Christine? Elle allait droit devant le tabernacle, s’agenouillait, et récitait sa prière.

– Pourquoi, lui dit la sœur, ne te voit-on jamais à la crèche? Elle est si belle! Et toutes les autres petites filles vont y voir le petit Jésus!… Toi, jamais.

– Mais, répondit-elle, là, le petit Jésus il vit pas. Ici, dans sa petite maison, il vit, et moi lui parle.

Elle n’eut de repos, que lorsqu’il lui fut permis de se lever pour assister à la messe. Pendant les bénédictions du T. S. Sacrement, elle fixe la sainte Hostie, et rien ne la distrait. Un soir cependant, au salut, elle babilla. La sœur supérieure, saisissant l’occasion de l’humilier, vint chez les petites filles, durant la récréation :

cristine– Christine n’a pas été sage du tout… Elle n’ira plus à la messe, ni au salut. C’est fini; elle restera au lit.

L’enfant ne répondit rien; mais dans ses yeux, levés sur son accusatrice, on voyait monter de grosses larmes. Quelques moments après, les sœurs réunies à leur salle de communauté entendent de petits doigts frapper à la porte. C’est Christine :

– Ma sœur, voulez-vous me pardonner? Sera bonne petite fille. Va emmener encore moi à la messe?…

Un après-midi qu’on l’avait oubliée, elle se mit à pleurer. Une sœur s’en aperçut :

– Voyons, qu’as-tu donc?
– Moi, toute seule!
– Mais non, mon enfant, Jésus est avec toi; il est partout.

La douleur fut calmée. L’un des jours suivants, Christine, traversant les salles, trouva la sœur, isolée à son tour :

– Toi toute seule, ma sœur?
– Mais, oui.
– Mais non! Le petit Jésus est avec toi. Il est partout…
Se hissant alors sur ses pieds, et atteignant de la main la poitrine de la sœur :

– Il est là, le petit Jésus. Il a venu dans ton cœur, à la messe!…

Enfin, le jour tant désiré arriva. Souvent elle avait échappé à la vigilance de ses gardiennes, et s’était faufilée jusqu’à la table sainte parmi les autres. Mais le père passait outre, et c’était chaque fois un chagrin!…
Le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, il s’arrêta, et déposa la blanche hostie sur les lèvres de cette innocence… Depuis lors, Christine ne vit plus que par la communion du matin, et pour celle du lendemain.
– Je l’aime mieux, mon cœur, depuis que le petit Jésus est là, dit-elle. »

2017-04-24T02:25:07+00:00 0 Comments

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