Adoration de la personnalité de Notre Seigneur

Le pèlerin

Le pèlerin

Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. (Mt 5, 48)

Plinio Corrêa de Oliveira

Lorsque nous adorons le Sacré-Cœur de Jésus, nous adorons la personnalité e divine et infiniment parfaite de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui embrasse englobe toutes les personnes personnalités et toutes les qualités des anges et des hommes, depuis la Création jusqu’à la fin des temps. 

La solennité du Sacré-Cœur de Jésus est si grande que nous ne pouvons pas nous empêcher d’en faire un commentaire. Nous devons considérer la relation de cette solennité avec celles du Christ-Roi, du Cœur Immaculé de Marie et de la royauté de Notre Dame. 

Mentalité de Notre Seigneur 

La solennité du Sacré-Cœur de Jésus a pour objet immédiat d’adorer le Cœur physique de Notre Seigneur Jésus-Christ. Cependant, l’adorer en lui-même et en tant que symbole de la très sainte âme du Sauveur, et qui en vient à être ce qu’on pourrait appeler la mentalité ou, si vous voulez, la psychologie de Notre Seigneur, avec cette composition d’intelligence et de volonté que les notions de mentalité et de psychologie retiennent en elles-mêmes a pour objet immédiat de rendre hommage au Cœur physique de Notre Seigneur Jésus-Christ. Cela signifie, lui donner culte en lui-même et aussi en tant que symbole de l’Âme Sainte du Sauveur, qui devient ce qu’on pourrait appeler la mentalité ou la psychologie de Notre Seigneur, avec cette composition de la forme de l’intelligence et de la volonté que les notions de mentalité et de psychologie retiennent en elles-mêmes.

 

Il s’agit d’une solennité où nous célébrons, pour ainsi dire, la personnalité divine et insondablement parfaite, unique à Notre Seigneur Jésus-Christ, mais qui embrasse en même temps toutes les personnalités. C’est-à-dire qu’en elle s’y trouve au degré le plus élevé, en tant qu’Homme et Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité, toutes les qualités de tous les anges et de tous les hommes, depuis le début de la Création jusqu’à la fin des temps. Voilà exactement ce que nous adorons, lorsque nous adorons le Cœur de chair de Jésus, Notre Seigneur.

 

Par un symbolisme d’une autre nature, les gens ont fini par s’habituer à ne considérer dans le cœur que le symbole de l’amour, mais en considérant le mot « amour » issu d’une corruption du XIXe siècle, au sens sentimental du terme, ne signifiant que la tendresse, comme un sentiment de l’âme.

 

Il est indéniable que Notre Seigneur Jésus-Christ possédait une tendresse suréminente en tant qu’homme et infinie en tant que Dieu. Or, ce n’est pas que sa tendresse — et l’on pourrait dire que ce n’est pas principalement sa tendresse — que nous adorons dans la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, bien que cette tendresse soit digne de toute adoration possible. La personnalité de Notre Seigneur Jésus-Christ ne se limite pas à la tendresse ; elle a bien d’autres ornements et prédicats en plus de la tendresse. Ce n’est pas principalement la tendresse.

 

Bien qu’elle soit — avec équilibre, avec critères, comme ce l’était en Notre Seigneur Jésus-Christ — une grande perfection de l’âme, elle n’est cependant pas la plus grande perfection qu’une âme puisse posséder. En Dieu, toutes les perfections sont infinies, mais dans la hiérarchie des valeurs chez un homme, la tendresse n’est pas, évidemment la valeur principale. 

 

Désir de reconquérir par miséricorde une humanité rebelle 

Cependant, il est tout de même vrai que la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus contient une note légitimement accentuée concernant sa miséricorde, c’est-à-dire la bonté, la capacité de pardonner, de passer au-dessus des péchés, d’aimer, de donner toujours de nouvelles grâces. Nous pourrions aussi affirmer qu’il y a quelque chose de légitime dans le fait que la piété au XIXe siècle, romantique d’une certaine façon, s’est principalement concentrée sur la tendresse du Sacré-Cœur de Jésus. Le problème est de s’être parfois concentré que sur la tendresse. 

À la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe, on assiste au début de la grande expansion de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, qui avait été presque clandestine avant la Révolution française. Saint Jean Eudes l’a prêchée, Sainte Marguerite-Marie Alacoque aussi, mais c’était une dévotion tellement considérée si audacieuse, et peu conforme à l’atmosphère de l’époque, qu’un fils de Louis XV, ayant voulu ériger un autel dans la chapelle de Versailles, n’a pas eu le courage de le faire, et a ordonné qu’une statue du Sacré-Cœur de Jésus soit placée au dos de l’autel, où, soit dit en passant, elle existe encore. Remarquez le mélange d’orthodoxie et de clandestinité qui se trouvait dans cette dévotion.

 

Par conséquent, le grand développement de cette dévotion s’est produit au XIXe siècle. Et nous pouvons dire que, malgré tout ce chemin tortueux, c’est aussi au XIXe siècle que débuta la reconquête du monde par Notre Seigneur. Au cours de ce siècle, l’Église catholique a connu d’énormes progrès, une grande poussée des dogmes mariaux, l’expansion de la dévotion au Pape, la définition du dogme de l’infaillibilité papale, la dévotion au Saint-Sacrement, le mouvement ultramontain, pari passu avec le développement de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus.

 

Quel est le rapport entre tout cela ? Le Sacré-Cœur de Jésus, vu sous l’angle de la miséricorde, de la bonté et du pardon, ne punit pas les hommes dans la mesure où ils le méritent, mais Il cherche à leur faire un bien auquel ils n’ont pas le droit. C’est là d’où provient le désir de reconquérir par la miséricorde une humanité rebelle et de prodiguer des grâces, les unes après les autres, pour mener à bien cette reconquête des hommes, même si elles sont mal reçues.

 

Le Royaume de Marie viendra après les punitions annoncées à Fatima

Après le règne de Saint Pie X, le cours de l’Histoire de l’Église change. Nous avons toujours une grande expansion de la piété avec la floraison de la dévotion à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Après le règne de Saint Pie X, le cours de l’histoire de l’Eglise change. Nous avons encore une grande expansion de la piété grâce à la floraison de la dévotion à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, qui eut lieu sous le règne de Pie XI, lorsque les premières neiges du progressisme et du modernisme commençaient à tomber sur le monde suite à la grande réprimande de saint Pie X. 

 

Ce fut une fleur qui s’épanouit au début de l’hiver. Depuis lors, nous n’avons remarqué dans l’Église aucun grand mouvement de piété, aucune de ces énormes flambées qui conduisent des millions et des millions d’âmes à s’enthousiasmer, à croître en ferveur, comme ce fut le cas du mouvement ultramontain au XIXe siècle.

 

Nous avons vu au Brésil, de façon éphémère, la splendeur des congrégations mariales, qui se eut lieu au temps de Pie XI, alors que notre pays, à cause d’un décalage, vivait encore le pontificat de Saint Pie X. Nous avons eu plus ou moins une décennie de développement du mouvement marial, de 1928 à 1938. Après quoi, elle a également succombé.

 

Bien que la dévotion au Sacré-Cœur ait beaucoup perdu, la dévotion au Cœur Immaculé de Marie s’est beaucoup moins répandue, ces carences d’expansion dans l’Église ne sont pas toujours le fruit de l’infidélité ; ce sont souvent des trésors que l’Église garde pour des jours plus sombres.

 

Cela s’entend que suite au rejet du Sacré-Cœur de Jésus, vienne le royaume du Cœur Immaculé de Marie. C’est la Mère du Pardon qui vient là où Il a été rejeté, pour pardonner encore plus, pour aller là où seule la mère peut aller et où le père ne le peut pas.

 

Je ne dis pas que Notre Dame est plus miséricordieuse que son Divin Fils, je veux dire qu’Elle est la fine pointe de sa propre miséricorde. Notre Seigneur envoie sa Mère là où, pour ainsi dire, Il ne peut se rendre. Il use de cet « artifice » qu’est d’y envoyer sa Très Sainte Mère.

 

Puis, la Très Sainte Vierge Marie repart à la reconquête du monde. Fatima, un mouvement beaucoup plus répandu que celui du Sacré-Cœur de Jésus, est un mouvement par lequel le Cœur Immaculé de Marie a été préconisé. Nous y voyons une sorte de lutte de la Providence défiant les hommes en disant : « Vous êtes si mauvais, mais je serai d’une telle bonté que je vaincrai toute votre méchanceté. Je finirai par triompher. »

 

Cela indique une volonté délibérée de régner, de finir par gagner, ce qui est d’ailleurs très bien exprimé dans le message de Fatima : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. »

 

Notre attention doit alors se concentrer sur cette image finale : le Sacré-Cœur de Jésus, source infinie de grâce qui s’écoule par l’intermédiaire du Cœur Immaculé de Marie, canal de toutes les grâces, et qui inonde l’humanité afin de la reconquérir. Une reconquête par laquelle il faut toujours pardonner, en accordant toujours plus de grâces, mais où, à un moment donné, surviendrons aussi les châtiments annoncés à Fatima, après quoi viendra le royaume de Marie.

(Extrait de conférence 5/6/1970)

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